Le cor en Fa étant un tuyau long, il a une tendance générale haute. Cette tendance s’accentue avec les doigtés actionnant une grande longueur de tuyau (2 pistons ou plus), notamment pour les doigtés 23, 13, et 123, ainsi qu’avec les doigtés correspondant à une harmonique de quinte ou de douzième.
Voici les notes (ainsi que le doigté correspondant) susceptibles d’être particulièrement hautes :
[Photo Fa# ss-g, sol, do# g, ré, mib, sol# aigu, la]
Malheureusement, certains de ces doigtés n’ont pas d’équivalent plus juste sur le cor en Fa. Il faut donc soit s’en contenter, soit jouer les notes correspondantes sur le cor en Si♭. Voici donc les doigtés habituellement usités pour ces notes (en haut sur le cor en Fa, en bas sur le cor en Si♭) :
György Ligeti a bien compris ce problème, on peut remarquer dans le deuxième mouvement de son Trio pour violon, cor et piano mesure 27 un motif staccato sur une suite d’harmoniques qu’il demande de jouer entièrement sur les harmoniques naturelles du doigté correspondant. Or à la mesure 193, ce motif réapparaît dans le registre grave de l’instrument sur le ton de Si bécarre grave, certes faisable avec les harmoniques naturelles sur le cor en Fa avec les trois pistons appuyés, mais dont l’intonation serait trop haute de presque un quart de ton. Ligeti choisit donc pour ce passage de ne pas indiquer sur la partition la nécessité de jouer sur les harmoniques naturelles, et laisse ainsi le choix des doigtés au musicien.
Attention, l’intonation de ces doigtés est presque toujours corrigible avec les lèvres, ils seront cependant beaucoup plus délicats à appréhender.