Lorsque deux notes jouées simultanément ont une hauteur très proche l’une de l’autre, cela crée un battement (qui n’est autre qu’une fréquence résultante trop grave pour l’oreille humaine). On parle ici d’une différence de hauteur d’une fraction de demi-ton, car ces battements sont déjà très rapides lorsque les deux notes n’ont qu’un demi-ton d’écart. Ce phénomène est parfaitement reproductible au cor en doubles sons. L’effet est d’autant plus inédit lorsque la voix et le jeu instrumental partent d’un unisson pour s’écarter progressivement.
Le plus pratique pour réaliser cet effet, est de garder une note stable au cor et de s’en éloigner très doucement et progressivement (de préférence vers le haut) à la voix. Il est aussi envisageable de garder une note stable à la voix (ce qui est cependant beaucoup plus difficile pour des instrumentistes n’ayant pas de technique vocale) et de s’en éloigner au cor à l’aide d’une des techniques de glissando continu (voir la partie Glissandi). Le plus important pour la réussite de cet effet est d’avoir du temps à disposition et une orchestration relativement réduite pour que l’effet soit audible sans que l’instrumentiste doive forcer sa voix.
Il est aussi possible de contrôler la vitesse des battements obtenus en s’éloignant plus ou moins de la note stable : plus on s’éloigne de la note, plus les battements se resserreront et vice-versa. Arriver à attaquer directement ou à stabiliser la voix sur une hauteur très proche de celle jouée au cor (sans que celle-ci perde sa stabilité) est difficile et demande de la concentration, mais c’est tout à fait faisable et vaut le coup d’être écrit et utilisé.
La façon la plus simple de noter cet effet pour un corniste est la notation habituelle des doubles sons : inscrire la note stable (de préférence jouée à l’instrument) sur la portée, et la note qui s’éloigne de la première (vers le haut de préférence) sur la même portée avec une ligne de glissando continu.