Le cor est parmi les instrument de la famille des cuivres un de ceux ayant la plus grande tessiture utilisable, et comme tous les autres cuivres, le registre grave et le registre aigu ne s’appréhendent pas du tout de la même façon. La position des lèvres, le soutien, et la vitesse de l’air étant très différents selon les registres, il est logique que certains cornistes se sentent plus à l’aise avec telle ou telle position, telle ou telle sensation physique, et de fait avec tel ou tel registre. C’est pour cela que l’on parle de cor aigu et de cor grave. La plupart des compositeurs n’hésitant pas à utiliser toute la tessiture, ils répartissent la tessiture entre deux cornistes, l’un jouant plutôt les notes aiguës, l’autre plutôt les notes graves, pour que les parties soient plus faciles à jouer. Ces deux catégories de cornistes n’ont pas de limitation de tessiture définie. La partie de cor aigu doit simplement être écrite au-dessus de celle de cor grave.

En orchestre, les cors aigus sont les cors 1 et 3 (ainsi qu’éventuellement les 5, 7, et les autres nombres impairs), et les cors graves sont les cors 2 et 4 (ainsi qu’éventuellement les 6, 8, et les autres nombre pairs).

Cette spécialisation survient pendant les études du corniste (voir les méthodes de Frédéric Duvernoy, et de Heinrich Domnich, entre autres, écrites dès le début du 19e siècle). C’est souvent à ce moment que l’on se sent plus attiré vers un registre ou un autre. Certaines grandes écoles germaniques vont même jusqu’à créer deux classes de cor séparées pour attribuer aux cor aigus ou graves une formation spécifique et les préparer aux mieux à leur futur poste d’orchestre. La spécialisation peut aussi changer au cours de la vie du corniste ou selon les directions musicales qu’il prend. Enfin, de nombreux cornistes ne se spécialisent que très tard. N’étant pas attirés par un registre particulier, ils passent des concours d’orchestre aussi bien en cor aigu que grave, puis se spécialisent au moment de l’obtention du poste.

La plupart des pièces du répertoire soliste sont écrites pour cor aigu. Cependant, certaines sont tout de même écrites spécifiquement pour cor grave, notamment :

Hermann Neuling – Bagatelle für tiefes Horn und Klavier

(version de Adrián Díaz Martínez, accompagné par Ikuko Odai)

Kerry Turner – Concerto for Low Horn

(version de Charles Putnam, accompagné par l’orchestre Sinfonia Iuventus, dirigé par Darius Wisniewski)

D’autres peuvent être jouées par les deux, car leur ambitus ne monte pas trop aigu, ni ne descend trop grave, notamment :

Ludwig van Beethoven – Sonate für Pianoforte und Horn

(version de Teunis van der Zwart (au cor naturel), accompagné par Alexander Melnikov (au pianoforte))

Joseph Haydn – Concerto pour cor n°2

(version de Hermann Baumann, accompagné par l’orchestre de l’Academy of St Martin in the Fields, dirigé par Iona Brown)

W.A. Mozart – Concerti pour cor n°1 et 3

(version de Dennis Brain, accompagné(e) par l’orchestre du Philharmonia Orchestra, dirigé par Herbert von Karajan)

Ferdinand Ries – Grande Sonate pour le piano-forte et le cor

(version de Anneke Scott (au cor naturel), accompagnée par Steven Devine (au pianoforte))