Lorsque l’on regarde les parties de cor écrites avant la seconde moitié du XXe siècle (et il en est de même pour les trompettes), on s’aperçoit que le cor est écrit en de nombreuses tonalités différentes allant du Si♭ grave à l’Ut aigu. C’est en raison de la tradition d’écriture pour le cor naturel gardée intacte pendant très longtemps. En effet, à l’époque baroque les cors étaient très différents d’aujourd’hui (voir Généralités sur l’instrument – Facture instrumentale – Cor naturel), il n’avaient pas de pistons mais des tons de rechange pour changer la tonalité de l’instrument. En fonction du ton utilisé, on pouvait donc avoir un cor en Fa ou un cor en Ré, en La, etc. Les parties de cor étaient alors écrites sur les harmoniques naturelles du ton correspondant à la tonalité de la pièce (ou sur le ton de la dominante), cela donc revenait pour le corniste à jouer tout le temps en do majeur. C’est aussi pour cela que l’armure n’était pas écrite sur les parties de cor.

Malgré les progrès de la facture instrumentale et l’avènement des pistons cette tradition d’écriture est restée, probablement car c’est de cette façon que les parties de cor sonnent le mieux. Ce n’est qu’au courant du XXe siècle que l’on a commencé à traiter le cor comme les autres instruments en termes de notation, et à l’écrire en Fa avec une armure.

Le cor est donc un instrument transpositeur en Fa, cela signifie qu’une note donnée en Ut doit être transposée à la quinte juste supérieure pour obtenir la note jouée par le corniste. Inversement, une note donnée en Fa doit être transposée à la quinte juste inférieure pour obtenir la note entendue en Ut.

[Exemple gamme de do en Ut + en-dessous gamme de sol en Fa]

[Exemple gamme de fa en Ut + en-dessous gamme de do en Fa]

En ce qui concerne la clé de Fa, cette transposition fonctionne différemment selon que l’on pense de la manière traditionnelle ou de la manière moderne. Traditionnellement donc, la clé de Fa au cor s’écrit une octave en-dessous de ce qu’elle devrait être écrite aujourd’hui. C’est-à-dire qu’un note donnée en Ut s’écrit une octave et une quarte plus bas en clé de Fa, soit à la onzième inférieure. Inversement, une note écrite en Fa et en clé de Fa sonne une onzième au-dessus. Ceci est encore une fois lié au passé de l’instrument, dont le registre grave sonnait plus proche de cette notation que de l’actuelle. Louis-François Dauprat explique d’ailleurs très bien les avantages de cette notation dans l’Article 14 (page 22) de sa Méthode de Cor-Alto et Cor-Basse :

« La clef de sol, à son diapason vrai, ne convient réellement qu’au ton d’Ut aigu du Cor. Aussi, le diapason de cette clef est-il censé s’abaisser par degrés, à mesure que les autres Tons s’éloignent davantage du ton le plus aigu. Cette clef finit même par être à une octave au grave de son diapason réel, lorsqu’elle sert au ton d’ut grave. Par là, elle se rapproche d’autant de la clef de Fa, et la prétendu lacune que Mr DOMINICH remarquait, n’existe plusnote!!!. D’ailleurs, il est tout aussi simple de supposer que la clef de sol s’abaisse à mesure que les tons du Cor deviennent plus graves, que de supposer la clef de Fa s’élevant à mesure que ces tons deviennent plus aigus. Et cette dernière est bien moins en usage que l’autre. Tels sont les raisonnements qu’ont dû faire tous les compositeurs puisqu’ils ont conservé la manière d’écrire les parties de Cor, indiquée dans l’exemple précédent. »