Couper l’air avec la langue est possible chez tous les cuivres pour rechercher un effet particulier, par exemple pour se rapprocher des sons électroniques avec un début et une fin très nets. Dans ce cas, on prononce « t » au début mais aussi à la fin de la note, le son est alors coupé sec, brutalement, sans aucune résonance. La technique classique l’évite cependant le plus possible, préférant les notes résonantes.

[Exemple écrit + audio : son normal]                                              [Exemple écrit + audio : son coupé]

On peut utiliser cette effet à la fin d’une note tenue ou à la fin d’une note courte. Cependant dans ce deuxième cas il faut veiller à ce que la vitesse ne soit pas trop élevée pour que l’on ait le temps de prononcer le « t » final (pas plus vite que des doubles-croches à 80 à la noire).

[Exemple écrit + audio : note tenue coupée]                                  [Exemple écrit + audio : plusieurs doubles-croches courtes coupées (noire = 80)]

Il n’existe pas encore de notation établie pour cet effet. Le compositeur est donc libre de trouver le symbole lui correspondant le mieux (dans ce cas il faut bien l’expliquer dans la notice ou en note de bas de page). Certains symboles ne doivent pas être utilisés car ils renvoient à d’autres techniques, par exemple celui utilisé à la harpe pour étouffer une corde : il est très proche du symbole désignant la technique demi-bouché. Voici plusieurs pistes de symboles :

Le plus intuitif et évident pour le musicien serait d’écrire un « t » au dessus du moment ou de l’endroit où la note doit être coupée. Il serait donc écrit juste au-dessus de la note pour signifier une note très courte, ou bien sur le silence suivant une note pour couper la note à la fin de sa valeur (un peu comme les consonnes à la fin des mots pour les chanteurs).

[Exemple écrit : t sur une croche, t sur le silence suivant la note]

Il est aussi possible d’utiliser le symbole du « piqué », dont on détournerait la fonction. Son effet ne serait alors plus de raccourcir la note, mais de lui donner une fin nette.

[Exemple écrit : piqué sur une croche, noire pointée liée à croche piquée]

Le symbole du pizz Bartók peut aussi être utilisé car il marque bien le côté bref de cette technique. Cependant, il peut tout de même être ambigu : il renvoie à quelque chose de percussif, alors que cette technique ne l’est pas.

[Exemple écrit : même chose mais avec pizz Bartók]

Enfin, il est aussi possible de placer un signe sur la queue de la note qui doit être coupée.

[Exemple écrit : plusieurs croches avec chacune un signe de queue différent]

Attention tout de même à bien expliquer la notation choisie dans la notice ou en note de bas de page, afin d’éviter qu’elle ne soit ambiguë, confondue avec une autre ou mal interprétée (particulièrement pour la notation concernant le symbole « piqué »).