De manière générale, la plupart des cornistes s’accordent à dire que la tessiture du cor comporte quatre octaves complètes. Cette tessiture peut être élargie, mais dans ce cas elle est à utiliser avec une très grande précaution (et ne sera pas bienvenue par la plupart des cornistes).
[Exemple image : les quatre octaves du cor en gamme de do continue, du do (fa) ss-grave au contre-ut (fa)]
Sur ce site internet, je fais souvent référence à des registres qui correspondent à différentes notes-pivot de la tessiture du cor (ces délimitations sont bien sûr approximatives et dépendent de chaque corniste) :
[Exemple image : même chose, mais avec au-dessus des crochets limitant les différents registres]
[Faire un accordéon pour chaque sous-partie, en remettant à chaque fois l’image du registre sélectionné]
Le registre médium est celui que l’on maîtrise en premier lors de l’apprentissage du cor. Cependant, dans le répertoire soliste, ce registre se trouve souvent délaissé car peut-être pas assez sonore et agile. C’est le registre du cor le plus à même d’assurer des rôles de remplissage, d’accompagnement et de tenues. En effet, son son ample et chaud se fond très bien avec l’orchestre ou les autres instruments.
Le registre médium-aigu est le registre le mieux maîtrisé par la plupart des cornistes. C’est le plus confortable de tous et il fournit la palette de couleurs sonores la plus étalée de la tessiture. C’est aussi ce registre qui est traditionnellement privilégiée pour les œuvres solistes.
Le registre aigu est le registre soliste brillant par excellence. Il peut être exécuté avec beaucoup d’agilité mais aussi avec beaucoup de puissance, et peut être très sonore. Il reste cependant assez difficile à maîtriser et requiert un bon contrôle.
Dans le registre suraigu, les harmoniques sont très rapprochées et les doigtés habituels très faux, il est donc facile de rater une note. De plus ce registre requiert une très grande énergie, ce qui est très fatiguant pour les lèvres ainsi que pour les muscles abdominaux permettant d’apporter la pression nécessaire. De ce fait, il est nécessaire d’observer une grande précaution avant d’employer ce registre, ainsi que de faire en sorte de bien amener à ces notes aigues. Éviter le plus possible les grands sauts de tessiture, les lèvres et le souffle devant être préparés à de tels efforts.
Le registre médium-grave est le registre adéquat pour les cors graves. Il permet un son noble et large mais difficilement virtuose. C’est au contraire le registre le moins confortable pour la plupart des cors aigus, puisque c’est ici que se situe en général les notes auxquelles ces cornistes doivent changer de position de lèvre pour atteindre le registre grave de manière confortable. Certains cornistes passent sur le cor en Fa à partir du haut de ce registres, et jusqu’aux notes les plus graves. Cette tendance permet d’avoir un son encore plus envoûtant dans le grave de l’instrument, mais elle peut aussi déséquilibrer le son du pupitre de cor si les autres cornistes jouent sur cor en Si♭.
Le registre grave sert traditionnellement à réaliser la basse des accords en orchestre ou des octaves avec les autres cors. L’émission du son dans ce registre étant plus lente que dans les registres supérieurs, il est difficile de détacher aussi vite que dans ces derniers, c’est pourquoi il est plutôt réservé aux cors graves.
Le registre sous-grave est celui où se situent les notes pédales, c’est-à-dire les harmoniques fondamentales du cor en Si♭. Ce sont des notes qui peuvent « claquer » (c’est-à-dire être très cuivrées et très timbrées) si elles sont jouer avec suffisamment d’énergie et suffisamment fort. Attention cependant, elles ne pourront pas l’être aussi clairement qu’un trombone, à cause de la direction vers l’arrière du pavillon. Les dernières notes de ce registres sont trop graves pour être « claquées » et ont un volume sonore trop faible pour être utilisées en tutti. Elles n’auront d’effet qu’en petit ensemble instrumental ou en orchestration très épurée sans quoi elles ne seront pas entendues.
Voici une représentation de la difficulté d’exécution et d’émission de chacun de ces registres. Bien sûr, elle est à nuancer en fonction des possibilités et capacités de chacun.
[Exemple image : même chose, mais avec en-dessous la difficulté de chaque registre (tessiture très facile : do grave – do aigu, tessiture usuelle : fa ss-grave – sol aigu, tessiture difficile : réb ss-grave – contre ut, tessiture extrême : sib contre-ss-grave – fa suraigu)]