La plupart des cornistes ne sont habitués à ne jouer que sur le cor double. Cependant il a existé et existe toujours plusieurs instruments qu’ils se doivent de maîtriser (ou du moins que certains cornistes maîtrisent). Certains sont tellement différents qu’ils requièrent un travail très approfondi voire une spécialisation (de manière générale pour les instruments historiques).

C’est l’instrument principal de la plupart des cornistes, et l’instrument utilisé pour la rédaction de ce site internet. Il a l’avantage de réunir sur un seul instrument un cor simple en Fa ainsi qu’un cor simple en Si♭ aigu (d’où le nom de cor « double »). Le cor en Si♭ permet d’avoir une couleur claire et brillante sur une large partie de la tessiture, des aigus plus précis (car les harmoniques naturelles sont plus éloignées dans ce registre) ainsi que des notes pédales absentes sur le cor en Fa. Il reste cependant toujours possible de trouver des couleurs plus chaudes et sombres, ainsi que les notes comblant le trou de tessiture du cor en Si♭ grâce au cor en Fa (voir Couleur sonore en Fa ou en Si♭).

[Trou de tessiture du cor en Fa + audio]

[Trou de tessiture du cor en Si♭ + audio]

Il comporte les trois pistons principaux (dans le cas du cor moderne ce sont des palettes, mais la plupart des cornistes parlent tout de même de « pistons »), auxquels s’ajoute un autre piston au pouce permettant de passer facilement du cor en Fa au cor en Si♭. En plus d’une coulisse d’accord général de l’instrument, il présente aussi une coulisse d’accord individuelle pour le cor en Fa ainsi que pour le cor en Si♭, bien que cette dernière ne soit pas présente sur certains modèles (voir Facture des coulisses). Les coulisses des trois pistons principaux du cor en Si♭ sont placées sous celles du cor en Fa. Pour une question de facilité de rangement, le pavillon peut être démontable (dévissable) ou non. Ce dernier point peut-être une intéressante source d’effets sonores (voir Sans le pavillon).

[Photo cor double, différents modèles + pavillon démontable ou pas (+ devant/derrière) avec nomenclature pistons + coulisses]

Plusieurs cornistes se sont fait remarquer pour leur grande maîtrise de cet instrument grâce à leurs enregistrements maintenant de renommée internationale :

Ainsi que plus spécifiquement sur le répertoire contemporain :

Ajoutez votre titre ici

Il s’agit d’un cor double en Fa/Si♭ auquel on a ajouté un troisième cor en Fa aigu. C’est un type de cor utilisé par de plus en plus de cornistes, notamment pour pouvoir jouer dans le registre (sur-)aigu plus facilement. En effet, l’ajout du cor en Fa aigu par rapport au cor double décale toutes les harmoniques du cor en Fa habituel d’une octave vers l’aigu, ce qui rend les harmoniques bien plus écartées dans ce registre et facilite ainsi la prise de note.

Le cor en Fa aigu est accessible grâce à un autre piston au pouce. L’instrument comporte donc deux pistons au pouce : le premier pour passer du cor en Fa (grave) au cor en Si♭, et le deuxième pour passer sur le cor en Fa aigu. Contrairement au cor double, il n’y a pas (ou rarement) de troisième rangée de coulisse pour les trois pistons principaux (cela rend le cor très lourd). Le système utilisé est plus souvent un système par compensation : le parcours de l’air se fait normalement par une coulisse supplémentaire qui est coupée de la circulation lorsque l’on appuie sur le deuxième piston du pouce.

[Photo cor triple compensé + ou pas (devant/derrière) avec nomenclature pistons + coulisses]

Cet instrument a été commandé par Wagner lors de sa création de Der Ring des Nibelungen. Il avait en effet besoin d’un instrument hybride dont le timbre se situerai entre le cor et le saxhorn, capable de « personnifier la majesté divine de Walhalla, mais aussi le sinistre monde souterrain de Nibelheim » (Melton, « The Wagner Tuba: A History »). Cet instrument est joué par des cornistes, il a donc le pavillon orienté vers la droite, les palettes à gauches, et la perce de la branche d’embouchure est adaptée à l’embouchure en cor. Il a été allongé pour ressembler à un tuba, la conicité du se situe entre celle du cor et celle de l’euphonium, et le pavillon est plus petit et beaucoup moins évasé que celui du cor. Tout cela permet donc d’obtenir des nuances fortes très rondes sans que le son ne soit cuivré.

Il existe deux tailles de tuben (l’autre nom du tuba wagnérien, dérivé du pluriel de « Tuba » en allemand) : le tuben ténor en Si♭ et le tuben basse en Fa, tous deux reprenant la longueur de tuyau du cor double en Fa/Si♭. Il y a cependant quelques changements à noter : ils ont chacun les même trois palettes principales que le cor, avec en plus une quatrième palette à l’auriculaire équivalente à l’assemblage des palettes 1 et 3, donc permettant de descendre d’une quarte la tonalité de l’instrument et de combler les trous de tessiture dans le grave. Ainsi, le tuben en Si♭ peut donc être considéré de la même façon qu’un cor double en Si♭/Fa, et le tuben en Fa comme un cor double en Fa/Ut grave. Les tuben ont aussi la particularité d’être écrits dans leur tonalité (Si♭ pour le ténor, et Fa pour le basse), contrairement au cor qui est toujours écrit en Fa.

[Photo tuben Si♭ / tuben Fa plus nomenclature (-1/2 ton, -1 ton,…)]

[Photo harmoniques des 2 tuben]

Les tubas wagnériens sont traditionnellement utilisés en quatuor : deux ténors, deux basses, et sont joués par les deux secondes paires de cornistes (les cornistes 5, 6, 7 et 8). Attention cependant à la position : les cors 5 et 7 étant des cors aigus et les 6 et 8 graves, les cornistes 6 et 7 sont souvent amenés à échanger leur poste (le 6 devenant aigu, le 7 devenant grave) pour que les parties des tuben soient dans le bon ordre (ténor 1, ténor 2, basse 1, basse 2).

Wagner a peu écrit sur son nouvel instrument, et ce qu’il a écrit étant assez flou, plusieurs propositions ont été avancées pour expliquer la raison de la création de cet instrument.

Il raconte qu’il voulait donner ce thème à des tubas ténors (instrument de musique militaire de la même forme que le tuba wagnérien, mais avec le pavillon à gauche, les palettes à droite, et une grosse embouchure), mais qu’il était très difficile de trouver des musiciens venant des fanfares pouvant jouer de cet instrument avec un niveau suffisamment élevé pour jouer en orchestre symphonique.

[Photo registres utilisables des deux tuben]

Wagner a peu écrit sur son nouvel instrument, et ce qu’il a écrit étant assez flou, plusieurs propositions ont été avancées pour expliquer la raison de la création de cet instrument.

Il raconte qu’il voulait donner ce thème à des tubas ténors (instrument de musique militaire de la même forme que le tuba wagnérien, mais avec le pavillon à gauche, les palettes à droite, et une grosse embouchure), mais qu’il était très difficile de trouver des musiciens venant des fanfares pouvant jouer de cet instrument avec un niveau suffisamment élevé pour jouer en orchestre symphonique.

[Photo Différence tuben/tuba ténor]

Wagner nomme cet instrument « Tuba » dans ses manuscrits, et les fait souvent jouer avec le tuba basse nouvellement apparu. Il voulait peut-être ainsi compléter la famille des tubas dans l’orchestre. Wagner est connu par sa volonté d’élargir toujours plus la palette de couleurs sonore de l’orchestre. La création de ce nouvel instrument était donc aussi certainement pour lui l’occasion de remplir le « trou de timbre » entre le son rond et chaud des cors et le son clair et brillant des trombones.

La place du tuba wagnérien dans le conducteur est assez changeante entre les œuvres de Wagner, et parfois même à l’intérieur d’une même œuvre : entre les trombones et le tuba basse, ou entre les cors et les trompettes,… Sa place peut donc être choisie en fonction du groupe d’instruments avec lequel on veut l’intégrer. Cependant, étant joués par des cornistes, il serait plus logique de les laisser à la place des 5e, 6e, 7e et 8e cors.

Wagner – Das Rheingold – Acte1 Scène 2 (Leitmotiv du Walhalla)

Bruckner – Symphonie 7 – 2nd mouvement

Strauss – Eine Alpensinfonie – Vision (chiffre 92)

Strauss – Eine Alpensinfonie – Gewitter und Sturm, Abstieg (chiffre 110)

Stravinsky – Le Sacre du Printemps – Cortège du sage (chiffre 64)

Wagner – Das Rheingold – Acte1 Scène 2 (Leitmotiv du Walhalla)

Bruckner – Eine Alpensinfonie – Durch Dickicht und Gestrüpp auf Irrwegen (chiffre 65), Vision (chiffre 92), et Gewitter und Sturm, Abstieg (chiffre 110)

Stravinsky – Le Sacre du Printemps – Cortège du sage (chiffre 64)

Concertos contemporains pour tuben.

Vous pouvez pour plus d’informations consulter le site suivant, résumant le livre de William Melton « The Wagner Tuba: A History » (en anglais) : https://www.wagner-tuba.com/wagner-tuba/

C’est un cor un peu spécial, mélangeant le cor naturel et le cor moderne. Il se compose d’un corps sur lequel sont fixés les trois pistons (ce sont comme le cor moderne et palettes), ainsi que d’un ton de fa séparé (il n’existe pas d’autre ton que celui-ci). C’est un instrument simple en fa, d’où sa sonorité ronde et chaude si particulière. Elle est due à de nombreux facteurs : diamètre du tuyau plus petit, pavillon plus conique au début, alliage et épaisseur du matériau différente, embouchure spécifique, dessin de l’instrument complètement autre…

Cet instrument n’est historiquement et traditionnellement joué que dans les orchestres viennois. Cependant, de plus en plus d’orchestres le sollicitent dans une optique de démarche historiquement informée, cherchant à jouer sur les instruments pour lesquels le répertoire a été composé.

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