Le Cor Contemporain

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Guide d’utilisation des techniques avancées

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Guide d’utilisation des techniques avancées

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Wagner – Das Rheingold

Bruckner – Eine Alpensinfonie

Stravinsky – Le Sacre du Printemps

Cet instrument a été commandé par Wagner lors de sa création de Der Ring des Nibelungen. Il avait en effet besoin d’un instrument hybride dont le timbre se situerai entre le cor et le saxhorn, capable de « personnifier la majesté divine de Walhalla, mais aussi le sinistre monde souterrain de Nibelheim » (Melton, « The Wagner Tuba: A History »). Cet instrument est joué par des cornistes, il a donc le pavillon orienté vers la droite, les palettes à gauches, et la perce de la branche d’embouchure est adaptée à l’embouchure en cor. Il a été allongé pour ressembler à un tuba, la conicité du se situe entre celle du cor et celle de l’euphonium, et le pavillon est plus petit et beaucoup moins évasé que celui du cor. Tout cela permet donc d’obtenir des nuances fortes très rondes sans que le son ne soit cuivré.

Il existe deux tailles de tuben (l’autre nom du tuba wagnérien, dérivé du pluriel de « Tuba » en allemand) : le tuben ténor en Si♭ et le tuben basse en Fa, tous deux reprenant la longueur de tuyau du cor double en Fa/Si♭. Il y a cependant quelques changements à noter : ils ont chacun les même trois palettes principales que le cor, avec en plus une quatrième palette à l’auriculaire équivalente à l’assemblage des palettes 1 et 3, donc permettant de descendre d’une quarte la tonalité de l’instrument et de combler les trous de tessiture dans le grave. Ainsi, le tuben en Si♭ peut donc être considéré de la même façon qu’un cor double en Si♭/Fa, et le tuben en Fa comme un cor double en Fa/Ut grave. Les tuben ont aussi la particularité d’être écrits dans leur tonalité (Si♭ pour le ténor, et Fa pour le basse), contrairement au cor qui est toujours écrit en Fa.

Tuba wagnérien ténor en Si♭ :

Tuba wagnérien basse en Fa :

Entendu en Ut :

Écrit en Si♭ :

Entendu en Ut :

Écrit en Fa :

Les tubas wagnériens sont traditionnellement utilisés en quatuor : deux ténors, deux basses, et sont joués par les deux secondes paires de cornistes (les cornistes 5, 6, 7 et 8). Attention cependant à la position : les cors 5 et 7 étant des cors aigus et les 6 et 8 graves, les cornistes 6 et 7 sont souvent amenés à échanger leur poste (le 6 devenant aigu, le 7 devenant grave) pour que les parties des tuben soient dans le bon ordre (ténor 1, ténor 2, basse 1, basse 2).

Cet instrument étant encore rarement utilisé, les cornistes n’ont pas beaucoup de temps à consacrer à sa pratique, et sont généralement pas habitués à en jouer. Les rapports de note sont très différents du cor, la façon de souffler aussi, et cela impacte directement l’intonation, l’articulation et la sécurité du jeu. Il faut donc rester très prudent dans l’écriture des parties de cet instrument. L’émission et l’intonation du registre aigu est particulièrement délicat, en revanche le registre grave et les notes pédales sont plus pleines que sur le cor.

Registre utilisable du tuben ténor en Si♭ :

Registre utilisable du tuben basse en Fa :

Wagner a peu écrit sur son nouvel instrument, et ce qu’il a écrit étant assez flou, plusieurs propositions ont été avancées pour expliquer la raison de la création de cet instrument.

Il raconte qu’il voulait donner ce thème à des tubas ténors (instrument de musique militaire de la même forme que le tuba wagnérien, mais avec le pavillon à gauche, les palettes à droite, et une grosse embouchure), mais qu’il était très difficile de trouver des musiciens venant des fanfares pouvant jouer de cet instrument avec un niveau suffisamment élevé pour jouer en orchestre symphonique.

Tuba wagnérien :

Baryton, cor ténor, ou miraphone :

Wagner nomme cet instrument « Tuba » dans ses manuscrits, et les fait souvent jouer avec le tuba basse nouvellement apparu. Il voulait peut-être ainsi compléter la famille des tubas dans l’orchestre. Wagner est connu par sa volonté d’élargir toujours plus la palette de couleurs sonore de l’orchestre. La création de ce nouvel instrument était donc aussi certainement pour lui l’occasion de remplir le « trou de timbre » entre le son rond et chaud des cors et le son clair et brillant des trombones.

La place du tuba wagnérien dans le conducteur est assez changeante entre les œuvres de Wagner, et parfois même à l’intérieur d’une même œuvre : entre les trombones et le tuba basse, ou entre les cors et les trompettes,… Sa place peut donc être choisie en fonction du groupe d’instruments avec lequel on veut l’intégrer. Cependant, étant joués par des cornistes, il serait plus logique de les laisser à la place des 5e, 6e, 7e et 8e cors.

Exemples de répertoire :

Wagner – Das Rheingold – Acte1 Scène 2 (Leitmotiv du Walhalla) :

Bruckner – Eine Alpensinfonie :

Durch Dickicht und Gestrüpp auf Irrwegen (chiffre 65),

Vision (chiffre 92)

Gewitter und Sturm, Abstieg (chiffre 110)

Stravinsky – Le Sacre du Printemps – Cortège du sage (chiffre 64) :

XXX – xxx :

XXX – xxx :

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Pour plus d'informations :

William Melton – « The Wagner Tuba: A History » (résumé sur le site internet suivant : https://www.wagner-tuba.com/wagner-tuba/)

https://www.vsl.info/en/academy/brass/wagner-tuba